W’in Bordeaux, du bureau partagé plus que du coworking

Situé au 30, allées de Tourny en plein cœur de Bordeaux, l’espace W’in a ouvert ses portes il y a un petit mois. L’immeuble précédemment occupé par Nexity a été entièrement réaménagé par l’investisseur bordelais Clarence Grosdidier. Le site propose 118 postes de travail en bureaux partagés et en coworking. Mais l’offre pléthorique sur ce marché du coworking pousse l’homme d’affaires à revoir les équilibres.

 

Le jeu de chaises musicales, allées de Tourny à Bordeaux, a profité à Clarence Grosdidier, homme d’affaires bordelais, investisseur et par ailleurs patron du fromager affineur Jean d’Alos. Nexity a laissé l’immeuble situé au 30 des Allées, récupérant les anciens locaux occupés par Foncia, elle-même partie pour les Bassins à flot. Clarence Grosdidier a récupéré le bail du 30 pour y installer sur 4 étages un vaste espace de coworking. C’était du moins l’idée initiale, qui a pivoté avec l’explosion de l’offre de coworking dans la métropole bordelaise et la multiplication des espaces accueillant des travailleurs nomades.

« La configuration des lieux se prête plus à du bureau partagé, explique Clarence Grosdidier. Sur les trois derniers étages, nous proposons donc ce type d’offre avec une dizaine de bureaux fermés de 3, 6 ou 10 postes (au tarif de 380 €/poste/mois, NDLR), des espaces de réunion, des cuisines, une salle de sport. Chaque entreprise qui souhaite occuper un de ces bureaux n’a qu’une convention à signer, sans dépôt de garantie : si elle veut partir au bout de 3 mois parce qu’elle grandit ou que son activité se modifie, pas de souci, elle n’est tenue par aucun engagement. Elle règle le mois en cours et elle peut partir. L’offre de bureaux partagés convient particulièrement bien aux professionnels qui sont à Bordeaux pour une mission de quelques mois, comme les architectes, et par les groupes qui travaillent sur la création d’un site à Bordeaux. Mais on y trouve aussi des entreprises plus « classiques » comme la bijouterie Mornier qui y a installé quelques salariés. L’offre de bureaux partagés affiche un taux d’occupation de 61 %, soit le point mort. A maturité, nous visons un chiffre d’affaires annuel de 400.000 €. »

 

Clarence Grosdidier

Clarence Grosdidier, fondateur de CG Finance (photo La Tribune / Mikaël Lozano)

Vers une mutation de l’offre

L’offre de coworking, qui concerne une trentaine de postes de travail sur les 118 au total (290 €/poste/mois, NDLR), affiche un taux moins emballant de 30 %. Rien d’illogique pour Clarence Grosdidier :

« C’est plus difficile pour le coworking. Nous en avons 8 en ce moment, notamment des profils d’entrepreneurs en reconversion qui démarrent de nouveaux projets. L’offre de coworking s’est multipliée à Bordeaux ces derniers mois, sans doute trop. C’est un phénomène de fond car il correspond à de nouvelles attentes de la part des dirigeants, des salariés et des entreprises mais aujourd’hui, le marché sature. Pour un gestionnaire, il devient difficile faire occuper les postes, c’est aussi une population plus volatile. Nous réfléchissons donc à transformer le rez-de-chaussée, qui propose une offre « travailleur nomade » à 20 € la journée, en espace qu’il serait possible de mettre à la disposition de marques pendant plusieurs mois, pour des boutiques éphémères par exemple. Ce réaménagement de l’immeuble a nécessité un investissement de 470.000 euros. On a pu le faire grâce avec l’offre de bureaux partagés, avec le coworking seul ça aurait été difficile. »

W’in ne revendique pas d’accompagnement des projets portés par les entreprises accueillies par le lieu. Mais l’espace entend diffuser « une culture très entrepreneuriale » : « Les gens veulent davantage du contenu plus qu’un joli site et des jolis meubles« , résume Clarence Grosdidier. Reste que l’ensemble est plutôt haut de gamme, comme le traduit d’ailleurs l’adresse en plein triangle d’or bordelais, avec une décoration soignée. W’in n’est pas la seule adresse de Clarence Grosdidier en plein Bordeaux : le fondateur de CG Finance prépare aussi l’ouverture d’une vaste auberge de jeunesse place Saint-Projet.

 

Source : https://objectifaquitaine.latribune.fr/business/immobilier/2018-04-30/w-in-bordeaux-du-bureau-partage-plus-que-du-coworking-777140.html